Fujifilm X-H1

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Arrivé comme un cheveu sur la soupe, au milieu de l’hiver 2018, l’ovni X-H1 en a surpris plus d’un.

Cher, gros (pour un Fuji X) et surtout différent. L’appareil a pris tout le monde de court car c’était, et c’est toujours, le premier et l’unique (Màj : le nouveau X-T4 a lui aussi un stabilisateur IBIS.) de la série X à proposer un stabilisateur intégré IBIS.

Je pense que les habitués ont été choqués par son gabarit. Effectivement, comparé à ses frères et autres cousins de la gamme, le X-H1 sortait clairement du lot : poignée proéminente, molette de compensation d’exposition supprimée, présence d’un écran sur la partie supérieure droite et surtout un nom inconnu dans la gamme : ni X-PRO, ni X-E, ni X-T mais bien X-H.

H pour Hybride ?

Ergonomie

Non pas que les autres Fuji X aient un problème de prise en main, mais comparés au X-H1, ils font pâle figure. En effet, ce dernier dispose d’une poignée intégrée nettement plus proéminente que les autres. Ne nous mentons pas, elle améliore très nettement l’ergonomie générale de l’appareil et c’est bien plus agréable lors de longues utilisations ou simplement pour les grandes mains.

Autre nouveauté, le bouton de déclenchement au toucher soyeux. Doux et délicat, presque trop. Il faut un certain temps pour s’y habituer car il est tellement sensible qu’à la première utilisation, vous risquez de vous retrouver avec plusieurs photos de vos pieds, mains, ou autres objets environnants. Vous aurez déclenché sans même vous en rendre compte.

À sa décharge, c’est extrêmement silencieux et une fois que vous vous y serez habitué, ce sera un vrai plaisir. La molette de correction d’exposition a été remplacée par un petit bouton moins pratique, logé à droite du déclencheur. Ca ne me fait ni chaud ni froid car je ne l’utilise jamais, mais je sais que certains ont pesté.

Un petit nouveau

Le nouveau petit écran de contrôle, intelligemment placé sur la partie supérieure droite est un plus indéniable. Il permet, d’un simple coup d’œil, de vérifier les principaux réglages (vitesse, ouverture, sensibilité, qualité de la photo, etc.) Dans certaines situations d’urgence, ça peut faire gagner du temps et ça facilite la vie, tout simplement.

Les deux molettes supérieures disposent, quant à elles, du petit bouton poussoir qui permet d’éviter de tourner seules au moindre mouvement et de perdre les précieux réglages.

Quant au boîtier en lui-même, il est fabriqué dans un alliage de magnésium 25% plus épais que les précédents modèles. Ça ne se voit pas forcément, mais ça se ressent. Le X-H1 est construit comme un tank. Fujifilm nous promet donc une résistance accrue aux chocs et autres maltraitances. Je n’ai pas testé, je préfère croire le fabriquant sur parole.

EVF

Le viseur électronique profite d’une résolution de 3,69 millions de pixels ainsi qu’un œilleton extrêmement agréable à l’œil ; en particulier pour le porteur de lunettes. Détail peut-être, mais d’une grande importante car c’est l’une des pièces essentielles à la prise de vue et son confort m’importe énormément.

Comme je l’expliquais dans l’article sur le X-T3, l’œilleton rikiki du X-PRO2 a été l’élément déclencheur de la séparation qui a suivie ; j’avais alors préféré le X-T2 au X-PRO2. Avec des lunettes, en plein soleil, c’était pratiquement inutilisable. Que ce soit avec le X-H1 ou le X-T2/3, rien de tout ça. Le dégagement oculaire est excellent. Il semblerait, par contre, que Fujifilm ait amélioré l’œilleton sur le nouveau X-PRO3.

Écran

Le X-H1 se dote d’un écran tactile (3 pouces pour 1,04 millions de pixels). Cela permet de déclencher – pratique des certains cas, d’ajuster certains réglages, mais aussi et surtout de faire défiler les photos pour contrôle – très pratique.

Par contre, lors de la prise de vue, si votre nez s’approche un peu trop de l’écran, cela peut, par exemple, faire revenir au centre le cadre vert d’indication de mise au point. Cela m’est arrivé, j’ai dû chercher pour en trouver la raison. Il suffit dans ce cas, d’appuyer, à même l’écran, sur la petite main qui enclenche ou non le tactile de l’écran.

Autonomie

LE point qui fâche sur les appareils Fuji et une fois encore, je ne trouve pas l’autonomie aussi catastrophique qu’annoncée, que du contraire. Tout dépend de quelle manière l’appareil est utilisé.

Durant ma première utilisation, à savoir des portraits en lumière naturelle, j’avais réglé l’appareil en mode boost (performances optimales) et activé le stabilisateur pour les photos (il s’enclenche lorsque le déclencheur est appuyé à mi-course et durant la photo).

J’ai pu faire, sans aucun problème, 507 photos avant d’arriver dans la zone rouge de la batterie qui m’indiquait qu’il était temps de changer. On est donc assez loin des 310 images annoncés par Fujifilm.

En conclusion, l’autonomie me semble très bonne vu la taille de la traditionnelle batterie NP-W126S.

IBIS

C’est la grosse nouveauté chez Fujifilm. En effet, le X-H1 est le premier appareil de la marque à profiter de l’IBIS (stabilisateur intégré). Je ne vais pas détailler toute la technique du système, car ce n’est pas le but de cet article. Pour les curieux, ça se passe ici.

Le stabilisateur permet donc d’obtenir des photos nettes à de basses vitesses d’obturation, à main levée. Sans cet IBIS, un trépied serait nécessaire.

De plus, le X-H1 bénéficie d’un mécanisme à ressorts de réduction des micros vibrations dues au mouvement de l’obturation mécanique. Encore une aide pour l’IBIS et des photos très nettes. En outre, l’appareil dispose de l’obturateur le plus silencieux de toute la gamme X.

Utile dans le cadre de sujets immobiles ou dans ces circonstances durant lesquelles le silence est d’or.

Qualité d’image

S’agissant du capteur X-Trans CMOS III de 24 millions de pixels qui équipe déjà le X-T2, je ne vais pas m’attarder longuement sur ce point. En restant parfaitement objectif et malgré son âge, je trouve que ce capteur n’a pas pris une ride (le X-T3 est équipé de la version 4 du capteur) et nous réserve toujours de belles choses.

Le rendu, la fidélité et le contraste sont au rendez-vous. La qualité d’image est superlative, sans parler de ce qui fait la plus grande force de Fujifilm : les couleurs. Malgré un détour chez Leica, qui, sans conteste, fabrique les meilleurs objectifs au monde, le constructeur allemand n’a pas la science des couleurs du japonais.

Quelle que soit la marque, jamais je n’ai réussi à retrouver ailleurs le rendu des appareils Fujifilm ; sans parler du plaisir d’utilisation.

Autofocus

Comme je ne photographie jamais d’évènements sportifs ou autres, l’autofocus “type F1” ne m’est pas indispensable. Je reconnais volontiers qu’avoir un AF réactif est plutôt très plaisant. Quand je vois les progrès accomplis sur le X-T3/X-PRO3

Je situerais l’AF du X-H1 entre celui du X-T2 et celui du X-T3. A savoir largement suffisant pour mon usage, c’est-à-dire du portrait. J’ai constaté que le 35mm F1.4 reste un peu bruyant sur le X-H1 alors qu’il se transforme en fusée sur le X-T3 ; plus aucun bruit ni mouvement de va-et-vient. Quoi qu’il en soit, l’AF est efficace, sans être hésitant ni affolant. Les atouts du X-H1 sont ailleurs.

Vidéo

N’utilisant absolument jamais la fonction vidéo et n’y connaissant rien dans ce domaine, je passe mon tour sur ce sujet. Allez voir cette vidéo (ou d’autres).

Ce que j’aime

  • Son prix : à l’heure actuelle (novembre 2019), le X-H1 + poignée coûte 1099 €. Il faut savoir qu’à l’origine, le X-H1 coûtait 1899 €, sans la poignée. Bel exploit !

  • Son EVF : grand, performant et agréable pour l’œil. C’est presqu’un sans faute.

  • Sa poignée : d’accord, l’appareil est plus gros, mais la prise en main est tellement meilleure avec cette nouvelle poignée intégrée. Une grande réussite pour ma part.

  • Son déclencheur : même s’il demande un peu de maîtrise, le toucher est soyeux et totalement silencieux.

  • Sa qualité d’image : une habitude chez Fuji, donc on garde le même capteur X-Trans III et l’on obtient un rendu exceptionnel. Les couleurs chez Fujifilm sont imbattables.

  • Son petit écran de contrôle : très pratique.

  • Sa nouvelle simulation de film Eterna : disponible pour la première fois chez Fujifilm, sur le X-H1, plutôt destinée à la vidéo, je l’apprécie pour son côté neutre et légèrement délavé.

  • Son IBIS : impressionnant d’efficacité, le stabilisateur intégré permet des photos à main levée autrefois impossibles à faire sans trépied.

  • Sa qualité de fabrication : c’est un tank. Faut-il en dire plus ?

  • Son œilleton : parfait pour les porteurs de lunettes (et les autres).

  • Son écran tactile : pratique et agréable. La fonction tactile ajoute quelques raccourcis supplémentaires.

  • Son look : sous son apparence grossière, la bête est plutôt sexy.

Ce que je n’aime pas

  • Son AF : légèrement en-dessous des modèles plus récents. J’espère qu’une mise à jour prochaine du firmware améliorera ce point. Non pas qu’il soit mauvais, que du contraire, mais je suis sûr qu’il est possible de faire mieux.

  • Son look : un peu plus reflex que les autres.

X-H1 ou X-T3 ?

Différents capteurs, différents plaisirs.

Quand les fichiers sont mélangés dans un logiciel de développement, je ne vois pas de différence entre le X-H1 et le X-T3. Le rendu est identique à 99,9%. Non, la différence est ailleurs.

Si l’on considère l’ergonomie, le X-H1 est champion, incontesté. Sa poignée bien plus grosse et confortable bat celle du X-T3 à plate couture. Sans mauvais jeu de mots, il n’y a pas photo. Le X-H1 semble plus robuste, construit pour durer, tandis que le X-T3 semble, en apparence, plus frêle. Dans les faits, il n’en est rien. Les deux appareils sont construits de manière semblable. Pas trappe qui flotte, de bouton lâche ou quoi que ce soit du style. En 5 ans, Fujifilm a réglé les problèmes des débuts.

Quant au plaisir pur d’utilisation, le X-T3 garde une légère avance. Plus compact et surtout dans l’esprit des origines qui a séduit tant de monde, moi y compris. En résumé, si vous voulez la performance pure et dure, le X-T3 sera votre choix de prédilection. Si vous souhaitez un appareil à l’ergonomie (presque) irréprochable et construit comme un tank, le X-H1 est la voie à choisir.

Le mot de la fin

Le X-H1 est un appareil à part dans la gamme X de Fujifilm. Plus “gros”, plus résistant, plus tout en somme. Même s’il ne dispose pas des dernières nouveautés, comme le X-T3/X-PRO3, il a certains atouts que les deux autres n’ont pas : poignée de compet’, petit écran de contrôle, et utilisation style reflex. Plus confortable en somme.

Côté qualité d’image, c’est, pour moi, chou vert et vert chou avec les nouveaux modèles. Même avec un “vieux” capteur, grâce à ses qualités d’origine et aux mises à jour au fil du temps, le rendu des images reste exceptionnel.

Sans avoir les performances ni le charme des X-T3/X-PRO3, le X-H1 reste extrêmement attrayant et compétitif en cette fin d’année 2019, grâce aussi à un prix plancher, moins de 1100 € dans les bonnes crèmeries.

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